VU SUR LE TERRAIN

Il nous apparu intéressant de prévoir un espace où des témoignages et des exemples rencontrés dans les opérations d'améliorations cynégétiques puissent être montrés. Souvent ce que l'on croit avoir inventé a déjà été trouvé par d'autres personnes à quelques dizaines voire à des milliers de kilomètres. Dans tous les cas les bonnes idées ne sont-elles pas faites pour être reprises?


 

 

L'EAU C'EST LA VIE : REMETTRE EN PLEINE FONCTION LA MULTITUDE DE POINTS D'EAU

PRÉSENTS SUR NOS TERRITOIRES

 

 

Un autre signe de l'abandon de nos campagnes est la disparition des nombreux points d'eau qui pourtant ponctuent la plupart de nos territoires ruraux. Des sources, des résurgences, voire des fontaines, sont le plus souvent tombées dans l'oubli avec la disparition de nos anciens. Pourtant un peu de volonté et des moyens même modestes peuvent permettre de remettre en fonction et en valeur ce patrimoine à la fois naturel et humain. Comme d'autres actions d'amélioration du territoire (visibles notamment au volet "AMÉLIORER L'HABITAT DU PETIT GIBIER"), la FDCHC subventionne également la création ou le nettoiement de points d'eau, l'effet positif de ces derniers sur la biodiversité locale et la présence de gibiers n'étant en effet plus à démontrer.

Ci-dessus les actions de dégagement d'anciens abreuvoirs du maquis par la société de chasse de Lumiu en décembre 2018. Dès le printemps 2019, quand l'environnement proche des points d'eau se sera un peu revégétalisé, et plus encore en été, ces aménagements profiteront à toute la faune.


 

 

LA FOSSE MAÇONNÉE POUR ÉLIMINER LES DÉCHETS DE SANGLIER 

 

 

Encouragé par la Fédération depuis maintenant un long moment, le procédé faisant appel à la fosse maçonnée (ou "fosse hors-sol", nom tout aussi bizarre) couplée à la chaux vive a enfin été inauguré par une création et une gestion digne de ce nom dans le Cap Corse, à Tominu, société de chasse « à la pointe », dans tous les sens du mot.

 

Il s’agit donc d’une construction de parpaings et de ciment avec deux dalles pour le fond et le toit qui doivent être suffisamment étanches. Aucun fluide ne doit en effet se retrouver dans la nature, mais aussi et surtout aucune eau ne doit pénétrer dans la bâtisse. Les dimensions comme la conception de la fosse maçonnée sont régulièrement révisées et améliorées au fur et à mesure des expériences de chacun. Aussi pour en avoir les caractéristiques précises vous devez absolument les demander à la FDCHC qui vous les donnera rapidement. Ne pas les respecter ne conduit pas seulement à se priver de l'aide financière fédérale mais aussi expose à des problèmes futurs dans le fonctionnement et l'efficacité de la fosse.

Celle présentée ici est une pionnière qui date de 2016, elle fait une longueur de 2,44 m sur 2,00 m de largeur pour environ un mètre de hauteur (toit-dalle en légère pente inclus). Trois à cinq trous d’environ 8 cm de diamètre (tuyaux) à 80-90 cm de hauteur ont été créés sur chaque mur; ils doivent permettre l’oxygénation indispensable de l’intérieur pour que la chaux puisse y faire son effet. Deux trappes horizontales sur le dessus permettent d’y verser les restes de dépeçage (peaux, têtes, tripes) et deux trappes verticales, positionnées sur deux angles diagonalement opposés, permettront d’évacuer les restes après décomposition. Sur une largeur un petit espace fermé permet d’y enfermer tout le matériel nécessaire (sacs de chaux, gants, masque, etc.) et sur l’autre largeur à l’opposé ce sont les escaliers pour se rendre sur le toit qui ont été construits. Toutes les portes doivent fermer à clé (cadenas) pour plus de sécurité en raison de la présence de chaux vive. Cette matière est en effet dangereuse si elle n’est pas bien manipulée et elle fait l’objet d’une vente réglementée. Pour les sociétés de chasse il suffira que la personne désignée pour son achat soit indiquée à la Fédération, laquelle préviendra le commerçant (Canico à Casamozza) qui pourra la vendre à cette personne à chaque fois qu’elle en aura besoin. Les expériences vues en Haute-Corse et ailleurs semblent indiquer que pour une installation de ces dimensions près d’une centaine de sangliers peuvent être traités chaque année si on respecte à la lettre son mode d'emploi, mais les remontées des projets futurs nous permettront d’être encore plus précis. Il ne fait cependant aucun doute que la longueur de cette construction pourrait être augmentée mais surtout pas sa largeur. Dans ce cas il faudra réaliser non plus 2, mais au moins 3 ou 4 trappes sur le toit, car le but est bien, à partir des trappes du toit,  de pouvoir étaler les déchets au maximum sur la surface au sol.

 

Le principe du fonctionnement de cette installation est le suivant : avant de verser les déchets par une trappe supérieure, on crée une couche de chaux vive sur la partie du sol où on compte mettre les déchets. On veillera bien entendu à choisir ces emplacements d’abord sur les côtés pour finir en fin de saison au milieu de la structure. Il ne surtout pas tout "jeter" au centre de la dalle ! On verse ensuite directement à l’aide d’une poubelle en plastique les déchets qu’on étale au maximum, avec si possible, les peaux côté poils vers le sol, à côté des peaux on étale aussi sur la couche de chaux les tripes et encore à côté la tête. Enfin on finit en étalant une bonne couche de chaux vive sur tous les déchets qu'on vient de déposer. On dit que le volume de chaux devrait correspondre à au moins 25% du volume des déchets, en pratique la société de Tominu a du utiliser environ 3 kg de chaux par sanglier traité. La chaux est vendue en sacs de 20 kg. A la veille de la saison de chasse suivante (juillet-août) on va retirer toute la matière par les trappes latérales à l’aide de sortes de grands râteaux. Ce résidu faite de matière organique et de chaux devenue inactive émet peu d’odeur et est parfaitement utilisable pour enrichir le sol (jardin, agriculture) d’après la DDCSPP (anciens services vétérinaires) qui est très favorable à la généralisation de ces fosses cimentées.

 

C'est un outil bien adapté au contexte corse, efficace et écologique à la condition expresse que

sa conception et son utilisation soient réalisées avec un grand sérieux, sinon gare aux déconvenues !

 

Bien que ce type de structure dégage assez peu d’odeurs (plus il y de chaux moins ça sent), il est vivement conseillé de ne pas la réaliser trop près d’habitations, ni sur les bords d’un cours d’eau ou pire sur un captage d’eau! L’idéal serait naturellement de la réaliser sur le site même où les sangliers sont habituellement dépecés, ou non loin sur son trajet. L’accès en véhicule apparaît indispensable. M. Geronimi nous explique que n’ayant pas des talents de maçon il a fait faire le bâti à un professionnel et il s’est occupé du reste. Le tout ne lui a coûté que près de 1500 € et la Fédération après contrôle lui a versé pour cette opération la subvention que sa société a demandée et qui correspond à 80% de cette dépense hors-taxe.

 

Le conseil d’administration fédéral a décidé qu’à partir de 2017 ce type de travail rejoindra la liste exhaustive des opérations d'amélioration de la chasse éligibles à subventions. 

Mais il faut bien entendu, et comme toujours, que toute société souhaitant effectuer un ouvrage semblable s’adresse absolument D'ABORD au service technique de la Fédération qui devra voir AVANT le site et s’entretenir avec les chasseurs des détails du projet.


FAIRE UN MIRADOR DE BATTUE : C'EST POSSIBLE MAIS AVEC CERTAINES PRÉCAUTIONS

 

Dans la galerie qui suit sont exposés différents types de miradors rencontrés sur des territoires de chasse en Corse, mais aussi parfois ailleurs... Fabriquer soi-même un mirador est une option (voir certains exemples ci-dessous) mais le sérieux, la solidité et la stabilité doivent guider sa construction. Il ne faut pas en effet que le danger du tir non fichant soit remplacé par celui de la chute, avec une arme chargée!